Le PEA en bref
Le Plan d'Épargne en Actions permet d'investir dans des actions et ETF européens, avec une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains après 5 ans de détention (les prélèvements sociaux restent dus). Il est plafonné à 150 000 € de versements, et réservé aux résidents fiscaux français.
Sa contrainte principale est l'univers d'investissement : le PEA n'accepte que des titres européens (ou des ETF répliquant des indices non européens mais respectant certaines règles d'éligibilité). Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan, sauf exceptions prévues par la loi.
Retraits avant et après 5 ans
Avant 5 ans, tout retrait entraîne en principe la clôture immédiate du PEA et l'imposition des gains selon le régime en vigueur au moment du retrait — sauf cas particuliers prévus par la loi (licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité, ou création/reprise d'entreprise dans certaines conditions), qui permettent un retrait sans clôture.
Après 5 ans, la règle est plus souple depuis la loi PACTE de 2019 : un retrait ne ferme plus le plan, et il reste possible d'effectuer de nouveaux versements ensuite, dans la limite du plafond. C'est un changement important par rapport à l'ancien régime, où un retrait entre 5 et 8 ans interdisait tout versement complémentaire par la suite.
Le compte-titres ordinaire (CTO)
Le CTO n'a pas de plafond, pas de contrainte géographique, et permet d'investir sur n'importe quel marché mondial. En contrepartie, les gains sont soumis à la flat tax de 30 % (ou, sur option, au barème progressif de l'impôt sur le revenu) dès la première année, sans avantage de durée de détention.
Les différences clés à retenir
Le PEA favorise la fiscalité à long terme sur un univers restreint ; le CTO offre une liberté totale d'investissement, avec une fiscalité plus lourde et sans effet du temps de détention. Le choix n'est pas exclusif : il est courant d'utiliser le PEA comme enveloppe principale pour les actions et ETF européens, et le CTO en complément pour ce qui n'y est pas éligible (actions américaines en direct, par exemple).
Un PEA ouvert tôt, même avec de petits versements, permet de faire courir le délai des 5 ans en arrière-plan : la date d'ouverture compte, pas seulement le montant investi.
Le PEA-PME, la variante moins connue
Le PEA-PME fonctionne selon les mêmes principes fiscaux que le PEA classique, mais réserve son univers d'investissement aux petites et moyennes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI) répondant à des critères de taille de bilan et d'effectifs. Il peut être ouvert en complément d'un PEA classique, avec un plafond de versements global mutualisé entre les deux enveloppes.
Son intérêt est double : accéder à un segment d'entreprises généralement absent des grands indices, et bénéficier de la même mécanique fiscale que le PEA. En contrepartie, la liquidité de certaines valeurs de PME/ETI cotées est plus faible que celle des grandes capitalisations, avec des écarts de cours parfois plus marqués.
Lequel choisir selon vos objectifs
Pour un premier investissement en actions et ETF européens, avec un horizon de plusieurs années, le PEA est presque toujours la première étape logique, du fait de son cadre fiscal. Le CTO prend tout son sens ensuite, une fois le plafond du PEA approché ou pour accéder à des marchés hors Europe. Le PEA-PME reste, lui, une brique optionnelle pour qui souhaite diversifier vers les petites et moyennes valeurs sans sortir du cadre fiscal avantageux du PEA.