Les frais de courtage : la partie visible

Les frais de courtage sont prélevés à chaque achat ou vente de titres, sous forme d'un montant fixe, d'un pourcentage du montant de l'ordre, ou d'une combinaison des deux selon les courtiers. Pour un investisseur qui passe peu d'ordres — un versement mensuel sur un ETF, par exemple — leur impact reste limité s'ils sont raisonnables. Ils deviennent en revanche significatifs pour qui multiplie les arbitrages ou investit de petites sommes fréquemment, où un frais fixe peut représenter un pourcentage disproportionné du montant investi.

Les frais de gestion : la partie la plus lourde

Contrairement aux frais de courtage, les frais de gestion (TER pour un fonds ou un ETF, frais de tenue de compte pour certaines enveloppes) sont prélevés en continu, chaque année, qu'il y ait ou non des mouvements sur le compte. C'est cette récurrence qui les rend structurellement plus coûteux sur le long terme : un frais de courtage ponctuel de 10 € ne se reproduit pas ; un TER de 1,5 % se prélève chaque année, y compris sur les gains déjà accumulés les années précédentes.

C'est cette mécanique qui explique pourquoi deux placements offrant la même performance brute peuvent afficher des résultats nets très différents au bout de quinze ou vingt ans : la différence de frais se compose elle aussi, comme l'intérêt composé, mais en sens inverse.

Frais de change et d'inactivité : les oubliés

Deux catégories de frais sont fréquemment sous-estimées au moment de choisir un courtier. Les frais de change s'appliquent lors de l'achat de titres libellés dans une devise différente de votre compte (un ETF américain en dollars, par exemple) : ils peuvent représenter 0,5 % à plus de 1 % du montant converti selon le courtier, à chaque opération. Les frais d'inactivité, eux, sont prélevés par certains courtiers lorsque le compte reste sans mouvement pendant une période donnée — un point à vérifier avant d'ouvrir un compte destiné à une stratégie d'investissement passive avec peu d'arbitrages.

À retenir

Avant d'ouvrir un compte-titres ou un PEA, la grille tarifaire complète du courtier (courtage, change, tenue de compte, inactivité, transfert sortant) mérite d'être lue en entier — pas seulement le taux de courtage mis en avant dans la communication commerciale.

Un exemple chiffré sur 20 ans

Prenons 300 € versés chaque mois pendant 20 ans, soit 72 000 € versés au total, avec un rendement brut annuel supposé de 6 %. Avec des frais de gestion annuels de 0,20 % (typiques d'un ETF large), le capital final avoisine 135 000 €. Avec des frais de gestion annuels de 1,80 % (proches d'un fonds actif classique), à performance brute identique, le capital final tombe autour de 112 000 € — un écart de plus de 20 000 € uniquement dû aux frais, sans qu'aucune décision de marché n'ait été différente entre les deux scénarios.

Cet écart n'est pas un cas extrême : c'est l'ordre de grandeur observé entre un ETF indiciel standard et un fonds géré activement aux frais courants sur le marché français. C'est ce calcul, plus que toute prédiction de marché, qui justifie l'attention portée aux frais dans la construction d'un portefeuille de long terme.